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  • Photo du rédacteurOphélie D.H. Bouron

Adultes brisés

Quand les marques du passé ne peuvent s'ignorer . . .




J'ai été de ces adultes brisés, remplit de colère sous couvert de rebellions et autres insolences en tout genre.

On en rencontre chaque jour de ces adultes. Celui qui va avoir "un coup de sang" en voiture ou encore ce parent qui va violemment s'emporter à la sortie de l'école ou bien cet adulte qui vous lance un regard glacial dans la rue. Des exemples il en existe des milliers et sont le reflet d'adultes brisés.


On peut porter tous les filtres du monde, tous les masques inimaginables pour camoufler, leurrer soi et l'autre seulement voilà le corps parle, les mots révèlent, le mode de vie décrit et cri.

Filtres de l'âge qui au fil du temps marque un profond désarroi d'un enfant humilié, trahi, abandonné . . . d'un adolescent réprimé, mis de côté.


Ce n'est pas mon métier de thérapeute qui me permet de voir ces adultes brisés mais plutôt le fait que j'ai été l'une d'eux et qu'aujourd'hui je suis une adulte en paix.

C'est par la compréhension et la clarté de mon parcours et de mon histoire que je vois.


On ne croit que bien trop pouvoir leurrer, alors que bien des facettes de soi révèle l'authenticité de soi menant même jusqu'à l'origine . . . le point clef où ça été brisé.


L'adulte se pense malin, se persuadant que le passé reste dans le passé et pourtant !

Ce passé hante, parasite le présent jusqu'à en polluer l'histoire de son enfant.

Parce que, oui, lorsqu'on devient parent il y a un espace immensément puissant qui s'ouvre : le face à face avec son histoire.

Chaque étape de vie de notre enfant, nous active des espaces de notre enfance, notre adolescence.

Les expériences s'entremêlent jusqu'à perdre le discernement entre notre histoire et celle de notre enfant, qui elle, est entrain de se créer. Et nous voilà dans une posture qu'on n'a jamais voulu volontairement : parasiter l'expérience de notre enfant !


Les adultes que nous recevons en thérapie sont des enfants et adolescents qui ont été brisés et qui n'ont pas eu l'espace d'être entendu, reconnu et soutenu. Brisé par des expériences et aussi porteurs des propres traumatismes de leurs parents, qui eux mêmes portaient de leurs parents . . . .

Voyez toute cette lignée qui ne s'est point déposé avec sécurité pour se libérer, guérir et dont chaque génération arrivante porte en ces cellules, son héritage familial.


Ils ont fait de leur mieux dit - on.



Les marques sont là ! Dans notre adn, nos cellules, notre corps, nos mémoires . . .


Parfois ces marques se font croire d'être partie dans l'oublie . . comme un trou noir.

Et puis un jour, des années passées au travers d'un rêve, une pensée, une rencontre, une méditation, un livre . . . la marque se révèle.


On croit oublier car c'est ce pourquoi existe l'égo. Il intervient pensant nous protéger à ne plus jamais revivre cette expérience, cette rencontre, ce moment, cette parole, cette action.

Chaque fois que l'égo se révèle, n'y voyez aucune prétention, ni insolence mais plutôt un marqueur de traumatisme, de violence, de blessures - quelles soient physiques, émotionnelles, mentales, psychiques, énergétiques.

Oui mais voilà il y a tant d'interprétation de l'égo qu'il en est devenu un "gros mot", une insulte. Alors qu'aujourd'hui je peux vous l'écrire sans problème : j'aime l'égo parce qu'il guide vers des chemins bien boueux de nos vies qui permettent d'être écouté, entendu, soigné, alchimisé, soufflé, extrait, libéré puis aimé jusqu'à rendre ces chemins fleuries.


Un adulte brisé va utilisé à 80% l'interprétation ! Partie favorite du mental.

Interpréter = prêter un sens à quelque chose selon notre catalogue de vie comme les expériences vécues, les rencontres connues, les croyances etc

Vient donc là, la possible source de nombreux conflits entre adultes !!! L'interprétation.

Lorsqu'une personne s'exprime depuis l'espace du coeur et que la personne en face reçoit depuis l'espace du mental il va y avoir comme des grésilles sur la ligne, le message ne sera pas reçu dans son origine.


Prenons l'exemple : vous sortez de chez le boulanger et tenez la porte à la personne qui souhaite entrer.

Elle ne vous remercie pas, baisse la tête et s'engouffre à l'intérieur.

Depuis l'espace mental vous pouvez dire " dis donc pas un merci ! vraiment mal éduqué !" hors cette personne a peut être apprit un décès, elle se sent peut être traversé par une expérience de vie lourde et angoissante, elle était perdue dans ses pensées, par une charge mentale etc . . . En interprétant un comportement vous révélez une blessure, une fissure de votre passé.

Parce que depuis l'espace du coeur, je croise cette personne, mon geste de lui tenir la porte n'est pas fait pour recevoir la reconnaissance.





Quand on entre dans le soin de soi, communément appelé "développement personnel" on allume chaque espace en soi avec respect, humilité, bienveillance et sécurité.

Parfois on explore seul(e) humainement parce que, soyons clair toute expérience vécue pointe que nous en avons les ressources et parfois on sollicite un "expert", un professionnel du domaine qu'on souhaite explorer mais dont les connaissances nous manquent.

Ainsi va la vie, nous sommes d'éternelle apprenti cependant ça vaut tellement le coup d'oser et d'y aller, de plonger, jusqu'à célébrer et honorer.



Etre un adulte brisé n'est pas une tare, ni même un prétexte pour cracher sur l'autre.


Entrer dans la conscience qu'on est un adulte brisé c'est un pas immense, une reconnaissance qui ouvre la porte a bien des voies d'apaisements.

Etre brisé ne donne aucun passe droit à briser l'autre ! Personne n'a la carte de justicier, la loi divine quand à elle, c'est son job . . .


Entendons aussi que nombreux sont les adultes qui se sont "habitué" à être brisé, croyant connaître que ce schéma et étant effrayé ou angoissé à sortir de ce schéma inconnu de vivre en paix avec soi.


Libre volonté chacun a.

Libre choix de guérir ou non. D'ouvrir ces espaces de soin de soi ou non.

Peu importe la voie qu'on emprunte et choisi de vivre /subir ne jugeons point car nous ne savons pas l'histoire de l'autre, nous n'avons pas vécu ces expériences ni même la connaissance de ces lignées.


Cependant il est précieux de se positionner face aux adultes brisés.

Aucun accord à vomir son émotionnel sur l'autre ! Ni à jeter sa responsabilité sur l'autre.

Qu'on soit conscient ou non de ce qui se joue, ne change pas que chacun est responsable de ce qu'il fait de son histoire, de sa parole, de ces actions, ces décisions etc . .




La vie n'est pas linéaire, elle vit et danse dans tous les temps qui la compose.


Oui il peut se vivre des traversées inconfortables, oui au plus résistance il y a, au plus c'est panique à l'intérieur de soi. Cependant ces traversées sont précieuses elles sont des joyaux pour notre déploiement.

Telle une roue la vie nous donne tantôt la nausée, tantôt la beauté éveillée.



Une vie heureuse ce n'est pas que dans les films, c'est réel.

Comme j'aime dire et écrire " nous sommes les artistes de notre vie et en ce sens avons le potentiel pour se créer la vie souhaitée" . . . depuis un espace du coeur guérit et joli.



Ophélie D.H.B

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